En une semaine à Oshakati, 39 patients ont été évalués et 17 opérés, avec 16 participants venus de six pays. Mais l’objectif de l’atelier allait au-delà des interventions au bloc opératoire. La raison d’être de 2nd CHANCE, c’est l’enseignement : des chirurgiens expérimentés transmettent leurs compétences à des chirurgiens et professionnels de santé de la région, qui deviennent à leur tour formateurs pour leurs collègues. C’est cette transmission qui améliore durablement l’accès à la chirurgie reconstructive.
Un engagement commun pour améliorer l’accès aux soins
Du 3 au 10 octobre 2026, 2nd CHANCE a travaillé aux côtés des équipes médicales de l’Oshakati Referral Hospital, poursuivant un partenariat engagé en 2022.
L’atelier a réuni 16 participants venus d’Éthiopie, du Soudan du Sud, de Namibie, de Somalie, du Rwanda et d’Ouganda. Tout au long de la semaine, la pratique clinique s’est accompagnée d’échanges de connaissances et d’expériences, autour d’un objectif commun : renforcer les capacités à proposer des soins de chirurgie reconstructive de qualité.
L’atelier a reposé sur l’engagement des participants et l’implication active des équipes médicales locales. Leur collaboration a été essentielle, aussi bien au bloc opératoire que dans l’ensemble du programme de formation.
Apprendre par la pratique
La pratique clinique était au cœur de l’atelier : les participants ont opéré eux-mêmes, accompagnés pas à pas par des formateurs expérimentés.
Au cours de l’atelier, 39 patients ont été évalués. À l’issue de cette première évaluation, 19 patients avaient été retenus pour une intervention. Après des considérations médicales complémentaires et des changements le jour des opérations, 17 patients ont finalement été opérés sur trois jours, avec deux blocs opératoires fonctionnant en parallèle.
Chaque intervention a constitué une occasion de mettre les connaissances en pratique, grâce à l’accompagnement de professionnels expérimentés, au partage de leur expertise et à la réflexion clinique collective.
La chirurgie reconstructive permet notamment de traiter les séquelles de brûlures, les traumatismes et d’autres pathologies qui affectent la mobilité, l’apparence et la vie quotidienne. L’accès à un traitement adapté peut représenter une étape importante pour retrouver une fonction, préserver sa dignité et gagner en autonomie.
En associant soins aux patients et formation pratique, 2nd CHANCE cherche à répondre aux besoins des personnes nécessitant une intervention tout en contribuant au développement des compétences des professionnels de santé dans leurs propres contextes de pratique.
De participant à formateur : transmettre pour renforcer les compétences locales
Le développement des compétences chirurgicales ne s’arrête pas à la fin d’un atelier. Il repose également sur la capacité à transmettre des connaissances, à accompagner ses collègues et à soutenir la nouvelle génération de professionnels.
Le parcours du Dr Abdurezak Mohammed illustre cette approche. Après avoir participé à des programmes de 2nd CHANCE en tant qu’apprenant, il est revenu en Namibie depuis l’Éthiopie comme formateur, pour partager l’expérience acquise avec de jeunes collègues.
C’est un plaisir de transmettre à mon tour mon expérience aux jeunes chirurgiens.
Dr Abdurezak Ali
Chirurgien reconstructeur et formateur, Éthiopie
Pour lui, l’intérêt de l’atelier ne réside pas uniquement dans l’enseignement de techniques chirurgicales. Il se mesure aussi à l’évolution des compétences et de la confiance des participants, qui progressent en travaillant avec des collègues de différents pays.
Son parcours illustre une dimension importante du travail de 2nd CHANCE : accompagner les professionnels dans leur progression, encourager les échanges d’expertise et contribuer au renforcement des capacités chirurgicales au sein de leurs régions.
Grâce au mentorat et à l’apprentissage entre pairs, les connaissances peuvent continuer à circuler au-delà d’un atelier, en soutenant une communauté plus large de professionnels engagés pour améliorer l’accès à la chirurgie reconstructive.
Une équipe pluridisciplinaire au service d’un objectif commun
La chirurgie reconstructive ne repose pas uniquement sur l’expertise chirurgicale. L’anesthésie, les soins infirmiers, la coordination du bloc opératoire et la collaboration entre professionnels sont également essentiels à la sécurité des patients et au bon déroulement des interventions.
L’atelier d’Oshakati a réuni une équipe pédagogique pluridisciplinaire aux compétences complémentaires :
Aux côtés des équipes médicales locales, ces professionnels ont préparé et animé le programme de formation, au bloc opératoire comme en salle de cours. Leurs rôles et leurs expériences complémentaires ont permis d’associer soins aux patients, apprentissage pratique et collaboration.
Constituer un pool d’anesthésistes
Une chirurgie reconstructive sûre dépend autant de l’anesthésie que du chirurgien. Pour la première fois, 2nd CHANCE a intégré à l’équipe pédagogique une anesthésiste venue de Tanzanie : la Dr Tanya Mahalu, rencontrée lors du dernier atelier organisé là-bas. L’objectif est d’accompagner la progression des anesthésistes de la région jusqu’à ce qu’ils puissent assurer ce rôle eux-mêmes, et de constituer un pool d’anesthésistes régionaux capables d’appuyer les prochains ateliers. La Dr Mahalu est la première à franchir cette étape.
Un partenariat qui s’inscrit dans la durée
La collaboration entre 2nd CHANCE et l’Oshakati Referral Hospital a débuté en 2022. L’atelier d’octobre 2026 a prolongé ce partenariat autour d’un engagement commun en faveur de la formation chirurgicale, des soins aux patients et du partage d’expérience entre professionnels.
Du côté de l’hôpital, ce partenariat repose sur des personnes engagées depuis le début. Le Dr Celestine Mbantang, coordinateur sur place, participe à tous les ateliers d’Oshakati depuis le premier. Le Dr Ben Alves Shivute, coordinateur des patients, a joué un rôle clé dans l’accueil des patients et l’organisation de la semaine sur place.
La présence de participants issus de six pays a permis de confronter les pratiques, de partager des approches et d’apprendre au-delà des frontières professionnelles et géographiques. L’implication active des équipes médicales locales a constitué un élément essentiel de cette collaboration.
Pour 2nd CHANCE, ces partenariats sont au cœur de son action. La formation et le mentorat soutiennent le développement des compétences ; les ateliers pratiques répondent aux besoins des patients ; et les collaborations créent les conditions nécessaires pour que les connaissances puissent être partagées et mises en pratique dans la durée.
Le renforcement des capacités est un processus continu. Il demande de l’engagement, de la collaboration et des occasions régulières d’apprendre les uns des autres.
L’atelier d’Oshakati constitue une étape supplémentaire dans cet effort collectif.